Piboulon et manipulations

Suite au courrier que La Parole aux Citoyens avait fait parvenir à l’ensemble des conseillers municipaux (voir notre article), le conseil municipal du 13 juin 2018 avait acté que les travaux de diagnostic botanique réalisés par l’équipe de M. Thierry Dutoit de l’IMBE sur le site du Piboulon seraient présentés lors du conseil municipal du 11 juillet. Cette présentation devait permettre à tous les conseillers de disposer d’une information fiable et indépendante sur la nature du site et sa richesse botanique.

La demande correspondante n’a cependant pas été adressée à M. Dutoit. En lieu et place, le directeur de l’IMBE a été contacté pour que son institut  intervienne en tant que « partenaire pour accompagner le développeur et la commune » et défendre la démarche de Voltalia…

Voir la  Demande officielle adressée à l’IMBE

Dans sa réponse, le directeur de l’IMBE a clairement refusé d’associer son institut à cette manœuvre en lui faisant  jouer le rôle de  caution du projet Voltalia : l’IMBE n’a pas à se prononcer pour ou contre un projet photovoltaïque…

Voir la  Réponse de l’IMBE

Cette réponse a cependant été lue devant le conseil municipal, et donc rendue publique, en laissant entendre qu’il s’agissait d’un refus du directeur de l’IMBE de présenter les résultats scientifiques du CNRS. En vérité, il s’agit du refus d’agir en tant que « partenaire » du projet de Voltalia.

Détourner le sens d’une réponse en cachant le sens de la demande correspondante n’est rien d’autre qu’une nouvelle manipulation dans ce dossier.

En l’absence d’expertise scientifique indépendante, la présentation du 11 juillet s’est résumée à une simple opération de communication de Voltalia en faveur de son projet de Parc Photovoltaïque. Certains points de la présentation de 2015 ont été corrigés (l’origine naturelle du Piboulon et l’extrême richesse de sa biodiversité ont notamment été reconnues), mais d’autres contrevérités ont été mises en avant par Voltalia :

  • Le site de l’ancienne décharge de Mallemort n’est pas techniquement adapté à un projet photovoltaïque (alors que la Métropole vient d’y lancer un appel à projet !)
  • Dans 20 ans tout sera remis dans l’ordre (alors que la promesse de bail qui a été demandée est sur 40 ans et que rien n’interdit de la prolonger au-delà)
  • En France il ne reste plus que des  sites mi-naturels/mi-anthropisés, sous-entendu avec une biodiversité aussi riche que celle du Piboulon, pour faire des parcs photovoltaïques (nous vous invitons à comparer la biodiversité de l’ancienne décharge de Mallemort ou des anciennes carrières de Sénas, et d’une manière générale celle de tous les projets en gestation, avec la biodiversité du Piboulon,….)

Pour une démarche ouverte et transparente, la société Voltalia ne doit pas être la seule à pouvoir s’exprimer. La présentation des travaux scientifiques réalisés sur le Piboulon par le CNRS dans le cadre de l’étude des parcours sub-steppiques méditerranéens du programme CarHab reste nécessaire. Il en est de même des compléments d’expertise et d’inventaire botanique réalisés par M. Georges Guende et du travail d’analyse réalisé par notre association.

A suivre…

Publié dans Energie

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