Comment faire battre le coeur des centres-villes

Le New-York Times s’est ému cette semaine de la dévitalisation du cœur des petites villes françaises. Pourquoi cette situation s’aggrave-t-elle depuis des années ? Comment faire battre le cœur des centres-villes ?

Vendredi 3 mars, l’émission « Le téléphone sonne » sur France Inter a tenté de répondre à cette question. Une émission extrêmement intéressante à écouter absolument  ici   (à partir de 64mn 30s).

Parmi les points évoqués :

  • Des centre-villes qui voient leurs commerces disparaitre.
  • Les habitants des centres condamnés à prendre leur voiture et à rejoindre la périphérie pour faire la moindre course
  • Le découplage entre la croissance exponentielle des surfaces commerciales et celle bien plus modérée de la consommation des ménages.
  • Le coût extrêmement important du commerce périphérique en terme d’étalement urbain : pour un même chiffre d’affaire un commerce en périphérie consomme en moyenne 5 fois plus de surface urbaine qu’en centre-ville (le moindre petit commerce de 100 m² se dote de 10 à 20 places de parking privé !)
  • L’absence de règles concernant l’urbanisme commercial et une concurrence territoriale non régulée entre les communes (chaque commune veut son supermarché et sa zone commerciale qui  détruisent pourtant autant  d’emplois qu’ils en créent)
  • Des conséquences sur la ville et pour ses habitants : un patrimoine urbain délaissé, un lien social affaibli et un « vivre ensemble » dégradé. La ville perd sa fonction primordiale : faciliter la vie de chacun en minimisant les déplacements. Vivre en centre-ville n’a plus d’intérêt.
  • Des zones d’activités souvent surdimensionnées (pas d’étude de besoin, pas d’étude d’impact) que l’on ne peut remplir qu’en délocalisant les activités commerciales du centre-ville.
  • Une responsabilité collective : les promoteurs, les élus, les grandes surfaces (hélas suivies des plus petits commerces qui leur emboîtent le pas).
  • Les communes doivent retrouver des motifs pour faire du centre-ville une destination attractive : embellissement, offre de logements adaptés aux familles, offre d’emplois, offre de services
  • La réflexion doit associer  élus et commerçant mais aussi les habitants et les propriétaires
  • La solution passe par une réflexion sur l’urbanisme et la problématique du déplacement
  • La solution passe aussi par les habitants eux-mêmes : continuer à consommer en centre-ville malgré les difficultés que cela suppose, intervenir dans le choix de l’organisation urbaine, refuser la délocalisation des commerces en périphérie. Et encore une fois la commune de Saillans est cité en exemple dans cette démarche !

Au final les habitants doivent tout simplement exiger que la ville reste vivable…

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Publié dans Urbanisme, Vie économique

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